Durban, dur dur ?

Je lisais un article du Soir, qui explique que la Belgique se trouve à la treizième place des pays polluants qui font les meilleurs efforts en vue de lutter contre le changement climatique. Ce bon point, que l’on doit en partie à la crise économique (ben oui… on fait attention à sa consommation, ses déplacements, etc. quand la vie est chère…), nous aurait aussi été attribué pour notre rôle constructif lors du dernier sommet climatique, à Cancun en 2010.

C’était sans compter l’accord gouvernemental obtenu au prix de 541 jours sans gouvernement… Le nouveau gouvernement a décidé d’un coup de supprimer toutes les aides fédérales incitant les citoyens à réduire leur consommation d’énergie (isolation, énergies renouvelables, voitures moins polluantes…). Et ce, alors que pour atteindre les objectifs climatiques de 2020, “nous devons remplacer, sur une base annuelle, 180.000 chaudières, isoler 275.000 toitures et remplacer le simple vitrage dans 210.000 logements.” (Robert de Mûelenaere, l’administrateur délégué de la confédération de la Construction, dans un autre article du Soir du 30 novembre)

Dans le même temps, les Etats-Unis, poussés dans le dos par les lobbys pétroliers, font pression pour réduire à néant les efforts climatiques et enterrer le traité de l’ONU, qui expire l’an prochain. Les négociations qui se tiennent à Durban pour le moment sont d’une importance essentielle, car nous n’avons que jusqu’à 2015 pour commencer à réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. Avaaz fait en ce moment circuler une pétition pour inciter l’Union Européenne, la Chine et le Brésil, trois gros acteurs qui peuvent faire pencher la balance, à prendre les décisions qui s’imposent pour y parvenir.

Malheureusement, ce sont des visions court-termistes qui poussent les états à ignorer les efforts environnementaux au profit d’efforts budgétaires. Les états sont suspendus aux avis des agences de cotation, craignant ne plus être “bankable” et ne plus pouvoir emprunter… C’est le même système financier qui nous a tous mis dedans qui enfonce le dernier clou du cercueil.

Il y a un nouveau système à trouver. La spéculation n’a plus sa place. Aujourd’hui, c’est l’argent qui génère de l’argent, et plus les ressources ou le travail. Mais l’argent en soi n’est rien qu’un moyen d’échange supposé faciliter le troc.

Si nous ne revenons pas nous même à plus de simplicité, nous y viendront contraints et forcés. La fin du monde annoncée par les Mayas pour le 21 décembre 2012 ne sera pas forcément climatique, mais imaginez l’effondrement soudain de tout notre système économique. La bulle explose. Fini le monde tel que nous le connaissons : plus d’entreprises, de banques, de salaires, de travailleurs, d’états, d’éléctricité, d’essence… Retour aux basiques : chacun cultive son jardin, échange ses savoirs, construit pour le bien de la communauté… Bon, connaissant le genre humain, y aura forcément un passage un peu gore où tout le monde s’entretuera, mais au final, la planète s’en portera mieux, non ?

Qui qu’il en soit, c’est pas en supprimant les incitants aux économies d’énergies qu’on va y arriver ! Non pas que ce soit la panacée, au contraire : je crois qu’il faut insister encore beaucoup plus sur la nécessité de changer notre mode de vie en profondeur. Et engoncé comme nous le sommes (et je me compte dans le tas) dans notre petit confort technologique, nous ne parviendrons pas à changer sans un message fort de nos représentants. Comme ils nous représentent, à nous de leur crier ce qu’on veut entendre.

Allez, haut le(s) coeur(s) ! Faut garder espoir.

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This entry was posted on Wednesday, December 7th, 2011 at 11:23 pm and is filed under Uncategorized. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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